mardi 7 avril 2009

Le demi-tour

Avant de nous rendre à Santiago et pour ne pas avoir à attendre au milieu de millions de personnes que les bureaux ouvrent (nous sommes vendredi), nous sommes allés passer le week-end à Tongoy. Village posé sur une petite péninsule encadré par deux baies : à l'ouest, Playa Larga grande de 14 km et au nord-ouest, Playa Chica, seulement 2km mais de sable blanc.



Le fond de l'air est frais mais il y a bien du soleil : nous avons atterri dans la dépendance aménagée d'une maison locale. L'air est humide et le soleil n'y rentre pas mais le matelas est bon. Le vieux nous a fait un prix à 5000 pesos sans nous dire qu'il n'y avait pas d'eau chaude, le salaud! Nous sommes hors-saison, le village est quasi désert. Après un bref coup d'oeil au centre ville coloré, nous fonçons vers la mer.


La brume se léve et aprés quelques déambulations dans le port de pêcheurs typique (qui pue, avec des poissons frais prêts à cuire, un Saint protecteur tout de orange vêtu et une ribanbelle de barques jaunes et rouges amarrées dans la baie), nous décidons de gôuter aux fruits de mer locaux. Une gargotte plantée dans le sable nous acceuille.


Nous nous torchons gentillement au vin blanc accompagnant ces mets délicieux et décidons de cuver sur la plage, au soleil... Et au son des canons! Hé oui! Une Zone militaire au large effectue des essais, c'est vrai que les poissons sont gros!



Aprés deux jours de retraite, le temps de revenir est arrivé. Nous prenons un bus pour Santiago et en bons économes que nous souhaitons être, nous choisissons une compagnie de bus offrant des prix imbattables. Grossière erreur! Semi-cama mon cul! Le nez dans le dossier du voisin de devant, les fesses aplaties et une barre dans le dos, nous voilà partis pour sept heures de voyage de nuit.
Imaginez la fraicheur avec laquelle nous débarquons à la capitale, il est 6 heures du mat, métro! Nous choisissons une auberge un peu au hasard et parce qu'il reste des places libres... Finalement l'hôtel n'est pas cher et très sympa, dans la quartier de Bellavista animé, coloré et branché, au pied d'une colline plantée... Cette vieille demeure victorienne refaite par un architecte au goût de bûcheron citadin sera notre oasis de paix au milieu de la cohue citadine.


Dès le premier jour nous fonçons à l'ambassade à la rencontre de notre interlocutrice, digne représentante de l'administration française : Solange D. Voici un exemple caractéristique des échanges que nous avons eu :
Cela faisait une bonne heure et demie que nous étions assis dans son bureau tentant de déméler l'embroglio de ses directives, ou comment s'y prendre pour obtenir ce passeport provisoire. Vers la fin de l'entretien, nous lui demandons :

"Quand pensez-vous que nous aurons ce passeport?"
" Là! Je vous le fais et vous partez avec aujourd'hui!"
Regards contents mais surpris...
"Ah bon! Mais nous croyions qu'il fallait attendre trois jours?"
"Ah oui! vous avez raison, il faut que vous reveniez dans trois jours!"

Stupeurs et tremblements de rire... Cette procédure à finalement été efficace, mais c'est certain, aucuns de ces fonctionnaires ne s'est un jour retrouvé sans papiers à l'étranger, avec en plus une traduction officielle de la déclaration de vol à faire. Passons. Entre ces rendez-vous administratifs nous avons fait les touristes curieux et cultivés. A commencer par le musée d'art précolombien, avec des momies vieilles de quelques 7000 ans et des traces des différentes civilisations indiennes visibles dans les ornements des poteries, pierres et statuettes tout aussi vieilles. Lorsque l'on débarque sur ce continent totalement colonisé, on ne peut vraiment pas s'empécher de penser à la barbarie avec laquelle nos civilisations occidentales ont tué hommes et cultures sous la bannière de l'évangélisation et du pouvoir.



Nous déambulons dans les quadras sans fin de cette capitale, pleines de gaz d'échapements et de tumultes urbains.




Nous découvrons la Moneda, qui fut jadis le lieu de fabrication de la monnaie puis palais présidentiel assaillit par les chars et l'armée lors du coup d'état de Pinochet en 1973. Nous assistons au changement de garde qui a lieu tous les deux jours, comme un balai digne de celui de Buckingham Palace.
Carabineros et fanfare s'adonnent à une chorégraphie militaire, un chilien venu regarder lui aussi ce "cambio de guarda" nous explique que pour attirer les foules et réjouir le peuple, la fanfare a pour habitude de jouer des morceaux célèbres et différents à chaque représentation. Nous entendons alors résonner Glenn Miller, "Brasil" et d'autres chansons ô combien insolites dans ce lieu symbolique.


Nous tuons deux heures à nous promener dans la galerie de la Moneda. Rdv branché d'art contemporain : on y trouve des vierges Marie en robe de tricot et un peu trop maquillées, des crèches over-kitch sous cloches de verre et des angelots morts-vivants...
Nous grimpons sur le cerro San Cristobal, à 400m de dénivellés, à la nuit tombante. C'est une colline qui domine tout Santiago. Au sommet, au pied d'une vierge énorme, nous prenons conscience de l'étendue de cette ville. Nous assistons alors à l'illumination progressive de la cité, une gigantesque toile d'araignée lumineuse d'où retentissent sirènes, klaxons, aboiements, un gentil brouhaha proche d'un sourd grondement. C'est un peu comme Paris vu du haut de la tour Eiffel en... dix fois plus grand et avec la cordillère des Andes en guise de banlieue lointaine.



Et comme promis, au bout de trois jours, Solange D. nous recoit une deuxième fois et nous donne LE passeport. Nous sommes bien contents! Notre demi-tour se termine enfin et nous avons l'impression de redevenir les maîtres de notre voyage.

Il est temps pour nous de reprendre la route pour la Bolivie. Après moultes réfléxions nous décidons de passer par le nord-ouest argentin. Nos billets de bus en poches nous arpentons une dernière fois les rues bruyantes et métissées de Santiago. Pablo Neruda y avait aussi une maison. Elle est à côté de la notre et pour compléter notre collection de visites des "maisons de Pablo" et aussi parce que celle de Valparaíso nous avait émue, nous décidons d'aller la voir... Mouais! Rien ne vaut la première fois! Pas la faute de Pablo qui a fait une maison pleines de cachettes et d'anecdotes, mais plutôt celle de la guide qui, on le voyait bien, n'avait que sa future soirée en tête...
Bref, nous nous sommes quand même bien amusés dans cette capitale, c'est vrai qu'elle n'est pas très sexy mais nous y avons mangé des Churrascos du tonnerre, galbés nos mollets par des km de trottoirs engloutis à la recherche de livres en francais et compris un peu plus l'essence de ce peuple complétement métissé et catholique.
Nous n'oublierons jamais Solange D. ni les gens qui chantaient faux jusqu'à 4h du mat dans le karaoké derrière l'auberge...


Sur la route qui mène à Mendoza, Argentine, la pleine lune illumine d'une lumière blafarde la cordillère. Nous arrivons à peine à nous endormir quand à 1h du mat nous passons la frontière, c'est bon! Le passeport fonctionne (on avait des doutes...)!
Nous arrivons le vendredi de Pâques à 5h du mat dans cette autre grande ville et après avoir pris un ticket de bus pour Salta en Coche Cama (on vous le rappelle c'est le luxe du bus) nous continuons dans la luxure avec une chambre à baignoire, idéale pour faire une grande lessive!



Nous nous sommes bien reposés mais il faut dire que c'est difficile de faire autre chose compte tenu de la chaleur étouffante. Sur notre route vers la frontière bolivienne, nous nous arrêtons à Salta la linda, une des plus belles villes d'Argentine.
Notre objectif étant de rejoindre la Bolivie le plus rapidement possible, nous ne prenons pas le temps de nous attarder dans cette région, qui pourtant vaudrait le détour...

Au revoir et bientôt.

jeudi 2 avril 2009

La trilogie

La Guerre des étoiles ou Rdv manqué avec ET.

Finalement, la Camanchaca s'est levé et nous avons pu voir Valparaiso en couleur, franchement, ca vaut le coup. C'est une ville portuaire importante cernée par 45 collines, un vétitable labyrinthe urbain où la mélancolie se mélange avec le monde moderne, où les odeurs nauséabondes côtoient celles du grand large. Des vieux funiculaires grimpent encore sur certain cerro (colline). On se demande vraiment comment ils arrivent à vaincre la gravité sur leurs crémaillère rouillées. Les murs, les façades sont peints de fresques multicolores sortant des délires des citadins.


Cette ville fût l'un des endroits de vilégiature de Pablo Neruda. Nous avons visité sa maison aussi farfelue que la ville oú chaque objet raconte une histoire et participe á l'ame de la maison. Les chiens font la sieste au milieu des trottoirs, imperturbables.


Les marchands ambulants circulent avec des gagottes au milieu des marchés de poissons et de légumes et une multitude d'épicerie à thème donne sur des rues bruyantes et animées. Ca pue et c'est magique. Il est difficile de ne pas rester insensible au charme décadent de cette ville.

Nous y avons passé deux jours et comme la brume épaisse nous envahissait de sa tristesse, nous sommes remontés vers le soleil direction Vicuña, à l'est de La Serena. De Pisco Elqui nous sommes remontés vers Cochiguaz, la vallée des ovnis où habitent au bord d'un fleuve magique des communautés hippies new-age, transcendantales et mystiques. Des gentils allumés qui croient dur comme fer à Roswell. Mais avant de se mettre à la recherche d'extra-terrestre nous devons approfondir la connaissance de leur terrain... Nous nous accordons donc une soirée avec la tête dans les étoiles à l'observatoire de Mamalluca.

Spécialement créé pour les amateurs d'astronomie, il ouvre ses portes au public la nuit et l'on peut admirer la voute céleste sous le ciel le plus pur du monde : 300 jours d'ensoleillement par an et une altitude suffisante pour ne pas être parasité par la pollution lumineuse des villes.
Ah! Saturne et ses anneaux, la constellation d'Orion, Bételgeuse la mourrante, les constellations noires du Lama et son petit, les galaxies perdues, les nébuleuses cachant les amas d'étoiles... Supernovas et clusters n'ont plus de secrets pour nous. Nous sommes prêts à déceler le moindre point lumineux suspect du ciel. Nous serons sur nos gardes et au moindre petit doigt raide rougeoyant, nous agirons.
Nous rencontrons un compatriote, Julian, prêt lui aussi à en découdre avec les ovnis. Nous prenons la route ensemble, bus puis auto-stop à l'arrière de pick-up, nous voilá vite arrivés dans cette vallée mystérieuse...

Sous le soleil du pré-désert poussent sur les montagnes arrides et nues des forêts de cactus qui deviennent orangé-rouge au couchant alors que la vallée arrosée par le fleuve magique, est verte et luxuriante de végétation. La vigne servant à faire le Pisco (eau de vie) donne des raisins aussi sucrés que des raisins secs. Le contraste entre la chaleur de midi et la fraicheur de l'eau donne toute la dimension de ces paysages.

Dans ce cadre enchanteur les hippies fans de X-Files sont propriétaires des terrains bordant la rivière, l'accés est donc privé. Pas très cool-attitude. Tant pis nous nous incrustons et négocions avec un riverain, 1500 pesos la nuit dans son jardin. On s'installe, la ligne de pêche est tendue, le feu s'allume, la tente se monte et ... Rien!
Pas d'hommes verts ou de soucoupes volantes, même l'herbe locale que l'on fume n'y fait rien. Rien à l'horizon.
Reste plus qu'à péter!

L'Empire contre-attaque, ou vieille ville de merde.

Une fois revenus à la civilisation de La Serena, nous dormons chez Maurizio et sa maman Maria, auberge ou la vie se partage entre la cuisine et le jardin. Les cactus magiques (...) poussent le long des murs ocres. Nous nous séparons de Julian et nous promettons de nous retrouver au parc du Pan de Azucar, sans savoir que le cours des événements peut changer en un claquement de doigts...

Bon, alors au départ, Copiápo c'était juste un arrêt pipi sur la route Caldera... et puis finalement, on y a passé 24h et on a fait demi-tour. Pourquoi nous direz-vous? C'est très simple...
Prenez un bus, mettez-y Cécile avec son sac dans lequel il y a presque tout (CB, appareil photo, passeport, permis de conduire, certificats de vaccination, couteau fétiche, journal de bord, etc.), rajoutez un malin voleur et une pincée d'étourderie et qu'obtient-on? Une Cécile sans sac et une folle journée en perspective!
Le vil gredin s'est infiltré dans le bus pendant la pause et s'est servi. Quand nous sommes remontés, méga-choc, branle-bas de combat, mega-stress, fait chier! Notre route s'arrête donc ici, à Copiàpo. Notre guide précisait bien que cette ville n'avait rien de sexy, et bien nous confirmons et ajoutons même que c'est une bonne vieille ville de merde!
Précisions : C'est une ville plantée au milieu désert, une des premières villes minières d'Amérique du Sud. La pauvreté sort des bidonvilles et se lit sur beaucoup de visages. Des mecs se convulsent devant des magasins d'où sort de la musique, complétement drogués, complétement bourrés, dégénérés, intéressés, mal intentionnés, déprimés... Sans mentir, nous devions être les deux seuls touristes à Copiàpo ce jour-là.
Prenez les Carabineros par exemple (la police), à côté, les CRS français passent pour "NCIS / Les experts". Et à l'hôtel, vous avez au moins pu vous reposez un peu, nous direz vous? Et bien même pas... Nous avons atterri dans un hôtel POURRI, tenu par un grabataire avare qui doit certainement s'uriner dessus en mettant son dentier. Il était la terreur de la femmes de chambre ; rendez-vous compte, elle nous a passé un tire-bouchon en cachette car le Mossieur n'aime pas que l'on consomme de l'alcool dans son "hôtel" : un préfabriqué en tôle, au bord du boulevard, une peinture (surement au plomb) qui s'effrite partout, des sanitaires dignes d'une prison turque du siècle dernier, glauque.
Pour sûr, notre jugement est perturbé par ce p... de vol, mais quand même.


Le retour du Jedi, ou détour pas Santiago.

Vous l'avez compris nous n'avons pas passé un moment agréable à Copiàpo, mais après quelques crises de larmes et de rage, nous nous sommes ressaisis.
En avant toute! Twofortrip n'est pas mort! Prochaine étape Santiago avec à la clef, nous espérons, un passeport provisoire de un an pour Cécile. Sur la route nous nous reposons au QG, chez Maurizio et Maria, qui organisent ce soir un barbecue géant pour conjurer notre sort.

Ce matin pas de Cachamanca mais un beau soleil, nous irons nous baigner dans les eaux du Pacifique avant d'attaquer hardi hardi la capitale. Nous qui avions lâchement esquivé cette ville devons maintenant nous y frotter...

Au revoir, et à bientôt...
PS : Ne nous tenez pas rigueur du manque d'illustation de cet article, nous avons fait ce que nous avons pu avec les photos qui nous restaient...

mercredi 25 mars 2009

Premiers pas au Chili...

Nous voici au Chili!

Au final de notre escapade en stop sur la route de Los Siete Lagos (François n'oubliera jamais comment en tendant son pouce on peut se retrouver chauffeur de quatre filles!) nous sommes arrivés à San Martin de Los Andes, point de départ pour la frontière chilienne.

Nous avons attendu deux jours qu'un bus se décide à contourner la route principale, coupée par un incendie, pour enfin traverser la frontière. Nous avons donc eu tout le temps de visiter San Martin et nous pouvons affirmer que dans cette ville moche il n'y a vraiment rien à faire...

Sauf peut-être du pédalo local...

Le détour en bus rallonge le voyage de sept heures, soit douze heures en tout. Nous arrivons tous chiffonnés à Púcon, ville de jeunes, ville fashion, ville de Trek. L'air est plus doux de ce côté de la cordillère et les chiliens sont comme nous avait dit Nacho : "un peu tous ... moches". Nous, nous dirons qu'ils ont un petit "truc"! Mais ils sont vraiment très gentils et acceuillants. Ils sont tout le contraire des hordes d'english qui polluent en deux phrases l'espace sonore d'une salle à manger d'auberge, ils sont réservés et discrets.

Nous posons nos sacs chez Sonia, la matronne à bigoudis de notre bel hospedaje tout de napperons et de bois vêtu, très cosy!

Nous décidons d'agir dès le lendemain et de partir en trek pendant quatre nuits dans le Parque nacional Huerquehue. Seulement nous n'avons ni bâtons en carbone ni pantalons en gore-tex, nous nous demandons si nous pouvons prétendre au titre prestigieux de Trekeur??!

Dans le doute, nous nous proclamons "Soft-Trekeurs" pour ne pas froisser les trekeurs professionnels adeptes du Trek...

Nous sommes dons partis à la conquête de ce parc magnifique, à la végétation luxuriante composée majoritairement de Coigues (espèce de bambous) et d'Araucarias (arbre typique, mélange entre le pin et la plante grasse) certains de ces arbres ont plus de 2000 ans.

Les vallées sont encaissées et pentues un peu comme nous imaginons les forêts de Colombie. Nous nous baignons dans des lacs aux eaux potables qui sont aussi froides que revigorantes.


Il y a pleins d'oiseaux aux chants inconnus, certains se moquent constamment de nous et d'autres sifflotent en toute quiétude.
En allant chercher du bois pour illuminer nos soirées en plein air, nous avons même rencontré une migale! Dédicasse à Dom et Mimi, ne vous en faites pas, il n'y avait aucune espèce mortelle dans les environs, ni vipères ni black mambas...

Nous avons passé notre troisième nuit dans un camping où coulait une source d'eau chaude, les thermes de Rio Blanco.

Nous nous sommes décapés la couenne dans une baignoire de deux mètres de long creusée dans un tronc d'arbre. Au milieu des volutes de vapeur, nous apercevons les bassins naturels faits de pierre qui nous attendent dans le lit de la rivière.

Nous n'avons pas manqué d'y faire trempette sous les étoiles et au petit matin.

Parfait!
Nous regagnons la maison de Sonia exténués et assez fiers de nous.


Au final et en chiffre, 52 km effectués en 4 jours de marche avec 15 kg sur le dos. Le soft-trek c'est tout de même éprouvant! Mais ô magie du corps humain, plus les jours passent et plus nos corps s'habituent. Même nos sacs nous paraissent moins lourds (c'est vrai que la nourriture s'épuise, mais quand même!).
Conclusion, la randonnée c'est le pied!

Nous décidons de ce pas d'attaquer l'ascension du Volcan Villarica. Il faut dire que depuis que nous sommes au Chili, il nous nargue tous les jours : il domine tout l'horizon avec son cratère fumant blanchi par les neiges éternelles.

Cette ascension se fait obligatoirement par le biais d'une agence. Elle fournie piolets, crampons, chaussures, jupettes, pantalons et vestes étanches. Nous partons au petit matin avec beaucoup d'excitation et d'appréhension. C'est 1400m de dénivellés pour un sommet à 2800m d'altitude. Nous grattons 400m de dénivellés en prenant un télésiège qui n'a pas de système de freinage au départ et à l'arrivée, première sensation!
Puis nous attaquons par un sentier zigzaguant sur les flancs du volcan. Jusqu'ici tout va bien. Nous sommes dans un groupe où se mélangent tous les niveaux, le rythme imposé par les guides est donc très tranquille. Après une première pause sandwich, nous attaquons la partie enneigée.


Nous apprenons donc à nous servir des crampons, piolets et nous nous couronnons de casques. Et hop! En 1h d'efforts intenses le nevé est englouti! Jusqu'ici tout va bien.
Deuxième pause casse-dalle et nous attaquons un terrain très hostile : de la roche volcanique noire et griffante tellement poreuse par endroits qu'elle se craquèle sous nos pas. Nous pouvons voir les anciennes coulées de lave figées, comme un fleuve immobile. Dans cette partie, pas de sentiers réels, une amplitude importante, c'est la partie la plus difficile avant d'atteindre le cratère.
Un spectacle comme celui-ci, grandiose et e-s-p-e-c-t-a-c-u-l-a-r se mérite.

Le son qui sort de cet énorme trou béant fait penser à des vagues qui se fracassent sur une falaise un jour tempête. Nous ne voyons pas le fond mais nous devinons la présence magmatique qui l'habite. Le cratère est une superposition de strates multicolores aux côtés escarpés. Notre vue embrasse d'aussi loin qu'elle le peut la cordillère des Andes, les lacs et les vallées...
Nous descendons après un troisième casse-croute (et là on est gueudés!) avec la brève compagnie d'un condor, un vrai cette fois-ci.
Nous sommes descendus très rapidement sur nos postérieurs dans les toboggans naturels, avec le piolet comme frein à main. Tout s'est finalement bien passé jusqu'à l'atterrissage sur la terre plate.

Maintenant on peut vous le dire, François avait une chevillère et la veille de l'ascension il s'est tartiné de "Flogojet" (la crème des footballeurs professionnels chiliens) toute la nuit dans l'espoir de faire partir une contraction douteuse...

Nous avons dit au revoir à Sonia et nous sommes partis le soir même en bus coche-cama pour Santiago du Chili. Petit rappel, le coche-cama c'est des rangées de trois sièges s'inclinant quasiment à l'horizontal, couverture, oreiller et petit-dej. On vient même border les personnes âgées et fermer leurs bouches quand ils dorment.
Après ce séjour dans les environs de Púcon, on peut le dire les chiliens on vraiment l'esprit randonnée. On trouve beaucoup plus de sentiers balisés qu'en Argentine.

Quand nous avons mis les pieds à Santiago, ce matin le 24 mars à 7h, François est immédiatement envahi du symptôme des grandes villes : le stress.

De plus il parait que ce n'est pas une ville incontournable au charme fou.
Nous faisons le point devant un expresso et décidons expressement de squizzer la capitale.
Oui, nous l'avons fait.
Nous avons pris un bus pour Valparaíso et à peine sorti du smog de pollution de Santiago, nous entrons dans celui de la côte pacifique. Sur la terrasse du toit de l'hôtel, à travers les baies vitrées, nous attendons que le soleil perce les nuages et nous dévoile les nombreuses collines de cette ville que nous ne connaissons pas encore.

Au revoir et à bientôt.

dimanche 15 mars 2009

Brèves...

Sur la route du Chili nous avons fait halte quelques nuits dans la région de Los Siete Lagos.
Au bord du Lago Falkner, nous avons découvert quelques paysages...


Des plages sauvages....

Des condors...

Demain nous passons la frontière direction Púcon, Chile.
Au revoir et à bientôt.

jeudi 12 mars 2009

17 heures dans le train patagonien

Lundi 2 nous décidons d'attendre le train pour rentrer à Villa la Angostura, dans la maison de Nacho et Flora. Il y a un départ hebdomadaire le vendredi suivant de San Antonio Oeste à 22h, soit 5 jours à attendre. Que faire ?

Shopping, plage, cinéma, marcher, manger. De cette attente il en ressort une petite robe et une chemisette, plus de poils sur les parties visible de Cécile (les filles, pour plus de détails sur cette aventure, rdv en bas de page), le film "Milk", quelques kg de viande dans le ventre de Francois et une cure de légumes pour Cécile, quelques marques de bronzages supplémentaires, 2 nuits passées à Las Grutas (équivalent du Cap d'Agde, version Argentine) et enfin nous voici à la gare. Il est 15h. Jamais nous n'avions autant désiré prendre un train. Et plus c'est long plus c'est bon, ha ca !

Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, nous aimerions faire un intermède documentaire sur la situation du réseau ferroviaire argentin, ou l'annonce d'un déclin. Les investisseurs anglais avaient tissé l'Argentine d'une toile de rails incroyable, la plus développée d'Amérique du Sud. Le réseau fut nationalisé à la fin des années 50 et victime de ses nombreuses crises économiques, jamais le gouvernement n'a pu investir dans l'entretien de ses 40 000 km de voies ferrées. Doucement mais surement, tout le réseau tomba en ruines. Plus aucun train ne circule. Des villes se sont éteintes, des villages entiers se sont dépeuplés. Dans chaque grande ville il y a une gare fantôme habitée de wagons en ruines, l'herbe pousse autour des rails, c'est étrangement pathétique.

Et dans ce cimetière ferroviaire perdure une grande ligne, le train Patagonien qui relie l'Est et l'Ouest du pays, 1500km. Il s'arrête dans ces vieilles gares, roule sur ces vieux rails et les wagons ont la couleur des années... passées.

Voir cette vieille locomotive fonctionner c'est vraiment émouvant. Comme un vestige entretenu qui peut mourrir d'épuisement à chaque instant.


Bref, nous nous armons de munitions nutritives, nous prenons la température de cette gare improbable pendant quelques heures. Les gens arrivent doucement, avec cabas, chaises de camping, enfants et bébés et tous nous attendons ce train.

Une lumière arrive du lointain accompagnée de sifflement et le quai entre en effervescence. Le miracle se produit, une énorme locomotive déboule dans une odeur de pot d'échappement tirant avec elle des wagons de toutes sortes dont deux de classe touriste, la moins chère (36 pesos soit 9 euros), la notre...
Et là, on hallucine.

Ah on voulait du roots? Et bien on est servis : on se retrouve sur une banquette de trois en vis à vis avec une banquette de trois, avec deux mamans portants un bébé et un enfant sur leurs genoux. Ça sent l'homme viril, il y a des sacs partouts, dessus, dessous, entre les sièges. Des ventilateurs brassent l'air saturé au dessus de nos têtes. Il nous faut peu de temps pour nous rendre à l'évidence, on ne va pas beaucoup dormir. Alors que faire? Une cigarette avec les squatteurs de l'entre-wagons et une visite approfondie de la rame. En plus de nos deux wagons de troisième classe, nous découvrons un wagon bar-restaurant avec tables et chaises, serveur en smoking dans un décor surranné, un wagon couchette où d'ailleurs les toilettes sont approvisionnées en savon, papier et eau, un wagon avec sièges inclinables et... un wagon cinéma! Avec sièges rembourrés et trois séances!

Mais nous, nous avons préféré jouer l'expérience de l'extrème jusqu'au bout et savourer tous les paysages qui défilaient en panoramique devant nos yeux...

Nous sommes tout de même aller boire une bière et jouer aux échecs au wagon bar. Tout le monde flottait dans un état de demi-sommeil comme des zombies. Il y en a même un qui a gerbé toute sa bière et ses empanadas sans complexes sur la table de derrière.


Ce fut 17h de pire et de meilleur.

Nous avons traversé la steppe patagonienne. Dans les rares villages ou nous nous arrêtions, à minuit ou à 5h du mat', les gens faisaient coucou ou la course train contre voiture, ou train contre mobylettes. Nous avions vraiment l'impression d'être dans l'attraction de la semaine.


Et quand enfin nous sommes arrivés à la gare de Bariloche, nous avons ressenti cette impression de "retour à la maison". La soirée organisée par les deux frères, nacho et mati, fut à la hauteur de nos espérances les plus folles : asados sans limites et un lit.
Spéciale dédicasse à Nacho et Flora qui nous ont plus qu'accueilli dans leur maison, merci pour tout. On vous attend de pied ferme en France...


Depuis nous avons été vendeur de choripan sur une compétition de motos et caballeros dans la réserve de Los Siete Lagos. Entendez par là que nous avons aidé Mati à vendre ses sandwichs-saucisses et que nous avons fait un grand tour de cheval aux Cabalgatas Correntoso. Francois a retrouvé Moncho, son cheval à propulsion arrière d'il y a 2 ans.



Nous re-prenons des vacances (!!!) avant de partir pour le Chili,


Au revoir et à bientôt.

PS : Revenons sur le moment "Femme".
Vous imaginez les tenues de 6 jours de plage : bikinis jupe et débardeur. Normalement rien ne dépasse tout est doux comme du velours, les moindres replis du corps sont lisses comme des bourlets de bébés et votre homme ne se doute pas du potentiel pileux de votre corps. Normalement.
Sauf quand on arrive dans un trou d'Argentine où aucune magicienne ne pratiquent le tour de la cire. J'ai beau être superforte dans le maniement de la pince à épiler, je ne suis pas contortionniste. Bref, pas de jupes pendant six jours. Autant vous dire qu'arrivée dans une agglomération digne de ce nom, je me suis mise en chasse. J'ai trouvé Cécilia dans un petit salon un peu crado. Tout pareil qu'en France, causette et "Mazette quels poils!". En quelques grosses couches d'une cire vert bouteille tout est presque parti, enfin.